Journal · Omar Guitoune ·
Boston 2027 : la première étape devient réelle
La première des huit
Je suis heureux de pouvoir enfin l’écrire : je me suis qualifié pour le marathon de Boston 2027.
Lorsque j’ai appris la nouvelle, ma réaction a été assez contenue. Pas de grande explosion de joie, mais une satisfaction profonde, celle de voir un objectif longtemps imaginé devenir soudain concret. Boston ne représente pas seulement une course supplémentaire dans mon calendrier. Ce sera mon premier World Marathon Major et la première étape officielle de mon projet visant à parcourir les huit Majors.
Jusqu’à présent, ce projet existait surtout sous la forme d’une ambition. Il donnait une direction à mes entraînements, nourrissait mes réflexions et occupait une place importante dans la création d’OG Endurance. La qualification pour Boston lui donne désormais une date, un lieu et une ligne de départ.
Le 19 avril 2027, je serai à Boston.
Une récompense, mais pas un aboutissement
Cette qualification vient valider une partie du chemin parcouru. Elle récompense les kilomètres accumulés, les séances difficiles et la progression qui m’a permis d’atteindre un niveau que je n’aurais probablement pas imaginé quelques années auparavant.
Mais elle ne constitue pas une fin en soi.
Se qualifier permet d’entrer dans l’histoire de la course. Il reste maintenant à préparer le marathon, à arriver sur la ligne de départ dans les meilleures conditions possibles et à vivre pleinement cette première expérience sur un Major.
C’est peut-être là que commence la partie la plus intéressante du projet. Atteindre un objectif est gratifiant, mais comprendre ce qu’il exige au quotidien l’est encore davantage.
Quand l’entraînement devient plus difficile à faire entrer dans sa vie
Ces dernières semaines, l’entraînement m’a parfois semblé plus difficile à gérer qu’à d’autres périodes.
Ce n’est pas forcément parce que les séances sont objectivement plus dures. C’est plutôt leur place dans une vie déjà bien remplie qui devient parfois compliquée à trouver. Il faut composer avec le travail, les responsabilités, la fatigue et tous les imprévus du quotidien. Certaines semaines, courir est un espace de liberté. D’autres fois, enfiler les chaussures demande déjà un premier effort.
Dans ces moments-là, la difficulté n’est pas seulement physique. Elle consiste à maintenir une exigence sans déséquilibrer tout le reste.
Je pourrais présenter uniquement les chronos, les kilomètres ou les séances réussies. Pourtant, ce projet serait incomplet si je ne racontais pas aussi les périodes de fatigue, les entraînements abordés sans grande envie et les jours où la discipline doit prendre le relais de la motivation.
C’est aussi pour cela qu’OG Endurance existe : conserver une trace fidèle du parcours, pas seulement de ses moments les plus flatteurs.
La ligne d’arrivée donne du sens au chemin
Une ligne d’arrivée procure autant d’émotion parce qu’elle contient tout ce qui l’a précédée.
Elle contient les sorties réalisées tôt le matin ou après une longue journée. Elle contient les séances réussies, mais aussi celles pendant lesquelles les jambes ne répondent pas. Elle contient les doutes, les ajustements et les moments où l’on se demande si l’effort en vaut réellement la peine.
Sans ces passages plus difficiles, la ligne d’arrivée ne serait probablement qu’un endroit marqué au sol.
J’essaie donc de ne pas considérer cette période comme un obstacle à contourner, mais comme une partie nécessaire de l’expérience. Je sais que certains entraînements pèseront plus lourd que d’autres. Je sais aussi que je ne pourrai pas toujours être parfaitement motivé, reposé ou disponible.
L’objectif n’est pas d’avancer dans des conditions idéales. Il est de continuer à avancer lorsque ces conditions n’existent pas.
La première des huit
Boston 2027 sera mon premier Major. Cette perspective me rend fier, mais elle me rappelle aussi l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir.
Le projet des huit World Marathon Majors ne se construira pas en une seule saison. Il demandera du temps, de la régularité et probablement plusieurs périodes semblables à celle que je traverse actuellement. Des moments où l’objectif paraît enthousiasmant de loin, mais où sa préparation devient exigeante au quotidien.
Aujourd’hui, Boston n’est plus une idée abstraite. C’est un rendez-vous.
Et lorsque je franchirai cette ligne d’arrivée, je veux pouvoir me souvenir de tout ce qu’il aura fallu traverser pour y parvenir. Pas seulement des grandes séances ou des chronos encourageants, mais aussi des semaines plus lourdes pendant lesquelles il aura simplement fallu tenir le cap.
La première étape vers les huit Majors commence maintenant.
Omar Guitoune